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Cigares & Compagnie

L'histoire de la Tchounga


Racontée en vers
Ca semble moins sévère



En ce début de siècle vinrent trois explorateurs.
Sur la terre d'Afrique ils avançaient sans peur
Et laissant libre cours à leurs rêves de gloire
Ils étaient sûrs, un jour, de rentrer dans l'histoire.
Cependant qui peut dire ce que le sort réserve ?
J'espère vous le conter avec assez de verve.
Alors que dans la jungle ils avançaient tranquilles
Surgirent de toutes parts des indigènes hostiles.
Ils furent fait prisonniers et fini l'aventure
Car un destin cruel veillait à leur capture.
Amenés au village où campe la tribu
Le chef vint vers eux portant ses attributs.
Couvre chef, grandes plumes et un masque d'ébène
D'où son regard perçant semblait jauger leur peine.
C'était bien de leur peine qu'alors il s'agissait
Car de son œil farouche, il les terrorisait.
Marchant vers le premier de son pas solennel
Au milieu d'un silence qui semblait éternel
Il se tient devant lui et de sa grosse voix
Lui déclare en dialecte : " La mort ou la tchounga ? "
Devant un tel dilemme qui peut faire le bon choix ?
Car la mort il connaît, certes, mais la tchounga ?
Dans le cours de sa vie chaque homme doit choisir
Et même si ce choix ne lui fait pas plaisir.
Alors l'explorateur rassemblant son courage
Préférant après tout éviter le carnage
Et regardant le chef avec l'œil du défi…
" Je choisis la tchounga et qu'importe le prix ".
Alors face au village le chef leva ses bras
Et aux hommes assemblés il cria " La tchounga !!! "
Aussitôt cinq guerriers sortirent d'une hutte.
Ils étaient forts, musclés et semblaient tous en rut.
Prenant leur prisonnier, ils le déshabillèrent
L'homme se débattait et ils eurent fort à faire
Mais devant tant de force, il ne put résister.
Alors l'un après l'autre purent le sodomiser.
L'explorateur vaincu poussait des cris de bête
Que les autres écoutaient en détournant la tête.
Et puis ce fut fini et revint le silence
Au milieu des guerriers le chef alors s'avance.
Et s'adressant au blanc fourbu, tremblant de peur
" Il te reste la vie mais tu perds ton honneur,
Tu es libre, va-t-en, vis avec ton remord. "
Et c'est à quatre pattes qu'il s'enfuit vers le nord.

C'est alors au second que le grand chef s'adresse
Il est blême, il transpire et il craint pour ses fesses.
Le chef, un peu sorcier lui demande à son tour
S'il préfère la tchounga ou mourir à son tour.
Lui qui croyait trouver en découvrant des mondes
La gloire et la fortune en perd sa faconde.
Cinq guerriers dans le fond ce n'est pas si terrible
Surtout pour éviter une fin plus pénible.
Donc toute honte bue il considère aussi
Qu'il préfère la tchounga et après tout tant pis !
Après le cri du chef les hommes du village
Reprennent à leur tour la menace sauvage.
" La tchounga ! La tchounga ! " crient-ils maintenant
Ils trépignent, ils s'excitent et dansent en hurlant.
Et soudain d'une case sortent trente guerriers
Qui roulent vers le ciel leurs yeux exorbités.
Puis avisant notre homme ils s'élancent vers lui
Et les cris du supplice durent jusqu'à la nuit.
C'est un homme fourbu, humilié hébété
Qui arrive en rampant au pied du grand sorcier.
Celui-ci le contemple de toute sa stature
Et de sa grosse voix met fin à sa capture.
" Ton honneur est perdu jusqu'à la fin des temps,
Retourne vers les tiens apaiser tes tourments. "
L'explorateur s'en va en se traînant par terre
Il retourne à la ville le nez dans la poussière.
Reste enfin le troisième, c'est le plus courageux.
Les guerriers l'ont bien vu et allument les feux.
Ils dansent sans arrêt, frappant le sol du pied
Se disant que le blanc va bientôt y passer.
Et les tam tam redoublent, résonnant dans la nuit
Entraînant les corps nus dans une frénésie
De danse et de débauche qui vous glace le sang
Tandis que dans la jungle dorment les éléphants.
Alors, vers le troisième, le chef des noirs s'avance
Et le blanc lui déclare avec grande assurance.
" Inutile de poser ta funeste question
Aucune vilenie n'a terni mon blason
Et ce n'est pas la mort qui pourrait m'effrayer
Ni même me pousser à quelque lâcheté ! "
Stupéfaits les guerriers s'arrêtent de danser
Et contemplent le blanc avec un grand respect.
Le grand chef silencieux respecte le courage
De celui qui préfère éviter cet outrage.
Et regardant celui qui vient de faire ce choix
Il déclare : " La mort ! La mort …par la tchounga !!! "
Garde-toi mon ami de partir pour l'Afrique
Car vois tu la tchounga c'est comme la politique.
Et tout en ce bas monde suit cette dialectique,
On te laisse choisir …. Et après on te nique.


Jef (Jean-François PUJO)
Le 06 mai 2004, Club Cigares & Compagnie - Toulouse


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"Jef - Club Cigares & Compagnie - Toulouse"

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