Fumer tue. L'abus d'alcool est dangereux pour la santé.


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Cigares & Compagnie

Sur les terres de Navarre

Au terroir du NAVARRE


Chère Laurence, Cher Noël, Chers amis,

Nous voici en ce jour béni du 9 juin de l'an de grâce 2007, réuni sur cette belle et noble terre de Navarre, également terre de Béarn ainsi que de Gascogne !
N'étant point un avare de bons mot, qu'ici je tournerai à ma sauce béarnaise, c'est tout naturellement avec l'emphase du plus célèbre des Gascons, j'eusse ici nommé d'Artagnan, que je m'en vais discourir par devant vous.
Permettez, gentes dames et gentilshommes qu'en premier lieu je fasse hommage à cette terre rude et généreuse que nos pieds foulent si aisément sans même percevoir l'écho de la dimension historique et tragiquement humaine que ce sol à l'allure semble t'il des plus ordinaire recèle pourtant au travers de tant et tant de péripéties qu'il m'en faudrait plusieurs vies pour toutes vous les conter.
En effet, si aujourd'hui cette terre est mère nourricière et j'oserai même dire, mère plaisir tout à la fois, puisque, vous n'en disconviendrez pas, elle permet l'épanouissement de superbes plants de tabac comme nous l'avons pressenti tantôt lors de notre balade champêtre. Et ces plantes tabagiques qui, travaillées par d'expertes mains de maîtres, compagnons artisans, que seul le lent et long apprentissage transmis de générations en générations à permis de perpétuer jusqu'à l'excellence offerte par ce rouleau à fumer de si belle facture qu'il génère en nous l'extase nous amenant à nous croire aimés des dieux tant la félicité de l'instant nous transporte en divagation de l'âme et de l'esprit. Et bien cette force et perfection puisées dans cette terre proviennent de la sueur et du sang qu'elle en a absorbé au cours de siècles de labeur et de combat dont elle fut plus que témoin, puisque partie prenante en étant cause et décorum tout à la fois.
Nul doute que les fruits qui en naquissent dispensent à leur tour cette générosité marquée de ténacité cachant la souffrance liée à la dureté de vie en ces lieux et qui fait la fierté de ceux qui en sont issus. Et bien mes bons amis, ce sont ces vertus que l'on retrouve dans ce cigare qu'il nous est donné de déguster en cette heure tardive et il ne serait point convenable que de n'en faire l'éloge tel qu'il est mérité, mérites qu'il a gagné par moult batailles que d'autres disaient perdues d'avance. Il est vrai, parbleu que lorsque de cigare il est question c'est le nom de Cuba qui chaque fois retentit comme s'il ne put être qu'un lieu pour produire ces merveilles ? Et fort éloigné de surcroît de sorte qu'on ne puisse tout à son aise l'étudier pour en comprendre l'alchimie ? Une île perdue en mer des caraïbes pour y adjoindre une once d'exotisme et de mystère donnant à l'ensemble une possible origine mystique dont il serait folie que de tenter de la percer ? Mais voilà, dès lors qu'il y a si grande difficulté à accomplir son destin, l'ardeur du Gascon se décuple à n'avoir comme limite que l'avidité d'accomplir cette quête ! Et quel autre lieu, quelle autre terre pouvait donner retour à cet acharnement de têtu si ce n'est celle dont il est l'enfant, dont il est l'image, celle sur laquelle il fit ses premiers pas ? Ayant maintenant le support et la matière, il nous faut encore donner corps, donner vie à cette âme rebelle pour parfaire la chose. Et ce qui alors fait cruellement défaut, c'est le savoir faire ancestral dont seul dit-on le cubain est détenteur. Et bien qu'à cela ne tienne diantre, puisque ce coin de Pyrénées ne peut enjamber les mers et parcourir les quelques deux mille lieux qui nous séparent de Cuba alors c'est Cuba qui s'en viendra ici ! C'est ainsi que l'on fit quérir sur le champ l'artisan que dis-je, l'artiste en ce domaine qui devait sans nul doute porter de par le jeu des métissages quelques gènes de gascon pour acquiescer à cette entreprise que nulle sagesse ne pouvait cautionner et que par raillerie les mauvaises gens qualifiaient de petite bourde désignée en ce pays "la bourdette". Tout est à présent réuni pour permettre à l'alchimie d'opérer bien que d'aucun y voient fourberie et prédisent vertement que le joyau convoité ne sera que pacotille et fumisterie en comparaison des habanos puros. Bien mal leur en a en pris ainsi qu'aux sots qui les crurent benoîtement car ce cru est original et ne se veut d'aucun la pâle copie tant il est lui et qu'à lui-même il se suffit.
Alors suffit marauds, taisez vos rancœurs que nous puissions tout notre saoul nous abreuver à la source de son histoire, de son caractère d'ici et qu'avec force nous nous affirmions de Navarre, du Béarn, de Gascogne en un mot, avec ce cigare NAVARRE, gentes dames, damoiselles, gentilshommes et damoiseaux, soyons fiers d'être français.

Christophe BUET
Le 09 juin 2006, à l'Hôpital St Blaise (64), Club Cigares & Compagnie

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"Christophe BUET - Club Cigares & Compagnie - Toulouse"

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