Fumer tue. L'abus d'alcool est dangereux pour la santé.


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Cigares & Compagnie

Témoignage d'un cigare qui discourt


Rien ne sert de discourir,

il faut proser à point

Discours écrit en Août 2008 - En l'absence du Président retenu en vacances avec la Présidente en Bretagne - Lu le 14 mai 2009 pour les 50 ans du Président.


Mes chers amis,

C'est avec une profonde émotion que je prends la parole aujourd'hui, en cette séance certes attristée par l'absence d'un nombre conséquent de membres mais bien rafraichissante tout de même du fait des vacances présidentielles qui maintiennent notre boulet national loin de nous.

Comme vous le savez, le dicton dit : "loin des yeux, loin du cœur" ou encore "les absents ont toujours tort"… et bien oui, mes chers amis, nous ne ferons pas mentir la coutume ce soir et je vous propose de régler définitivement, par la prose il s'entend, son compte à notre fumeux président enfumeur, j'ai nommé Christophe BUET.

Rapprochons-nous de quelqu'un qui le connait bien, quelqu'un qui partage son intimité et employons une méthode "buesque", je vous propose de nous transporter, l'espace d'un discours, à l'intérieur de sa cave et précisément dans une de ses boites à cigares et de laisser la parole… à un de ses résidents, un Siglo VI…

Voici donc le journal intime du "cigare à boulet"… ne rêvez pas mesdames, parlant de cigare à boulet, si vous cherchez dans ma prose une quelconque allusion sensuelle, sexuelle voire lubrique… revenez le mois prochain et le discours présidentiel vous comblera d'aise.
Par ailleurs, si parlant des joyaux de la couronne (entendez par là des attributs présidentiels) j'avais du m'exprimer en termes imagés, j'aurais plus facilement parlé de cigarillos ou, voire, pour le sublimer quelque peu, de perla…

Mais laissons ces questions d'infime détail et revenons à notre sujet…

Je vous laisse donc en compagnie de cette vitole, objet de toutes nos convoitises qui, malheureusement parfois, tombe entre de mauvaises mains…

Qu'il est difficile pour moi de vous narrer mon désarroi… rendez-vous compte, quand j'en aurai fini, je ne serai peut-être plus de ce monde. Comme dirait Bur, l'homme libre n'impose pas sa fumée aux autres… j'aurais du prendre ma carte chez DNF… en plus, moi, je n'ai pas choisi mon fumeur… j'aurais préféré me faire tripoter par les doigts parfumés de Jo qui me consumerait d'avance, avant même de me consommer… mais voilà… à la place j'ai les doigts boudinés du Président, aux ongles rongés par l'angoisse qui me triturent nerveusement chaque fois qu'il veut vérifier mon degré d'hygrométrie.

Déjà dans la boite, on en discutait avec les collègues… : "Parait qu'il a mauvaise haleine, qu'il plante, au nom de je ne sais quel rite vaudou, des allumettes dans la tête de ses victimes… Parait qu'il a les dents jaunes…"

"Le problème c'est que personne n'est jamais revenu pour confirmer… pourvu qu'il ne me choisisse pas."

Le semaine dernière il a complété ma boite, si noble pourtant, par de vulgaires puros de contrebande ramené d'un périple lointain en Cité romaine, assurément roulés par des mains malhabiles. Se saisissant d'un d'entre eux, nous l'entendîmes s'extasier en ces termes… " Ahhh… il est sublime… ". Il avait l'œil mi-clos, la moustache en bataille, le petit doigt en l'air, la braguette ouverte et la fiente sur l'épaule ? [seuls les initiés peuvent comprendre, je m'en excuse].

Combien de fois l'avons-nous entendu vanter l'achalandage de sa cave et narrer à un ami de passage les mérites de ses rafael allones et de ses ramon gonzales ? Alors, quitte à être fumé, j'eus préféré l'être par un véritable esthète et non ce fumeur de bague… mais bon, on ne choisit pas son fumeur…

J'entends la cave s'ouvrir et tout à coup la lumière pénètre dans ma boite… je vois ce regard lubrique si terrifiant pour nous tous et cette main qui s'avance vers moi et m'enlève à mes frères, ne laissant aucun doute sur la fin proche qui m'attend.

Mes craintes étaient fondées, le voici qui s'échine nerveusement à me faire rouler entre ses doigts, près de son oreille puis à me placer sous son nez et à me respirer avec cette familiarité si inconvenante… après tout, nous n'avons pas gardé les lasiodermes ensemble !

Il sort alors de sa poche cet objet barbare de coupeur de têtes et m'ampute ignominieusement pour donner libre cours à son bien égoïste plaisir.

Et, ne reculant devant rien, le voici qui me lèche de sa grosse langue baveuse goudronnée et fortement imprégnée du délicat parfum des moules frites de midi. Je finis donc dans sa bouche, entre ses dents cariées et devant ses amygdales rougies par les copains, trop vite disparus.

En maladroit qu'il est, il approche de moi la flamme si vulgaire de son briquet torche, m'allume en travers comme d'habitude et se met à aspirer comme un malade pour rattraper son erreur…

Ca fait maintenant quelques minutes et l'homme semble apaisé, rassasié par les bouffées inhalées. Je pense que j'ai bien réussi à lui astiquer la langue, lui irriter la trachée artère et peut-être même ai-je atteint les coronaires…

J'en veux pour preuve l'optimisme certain qui l'envahit tout d'un coup à l'idée d'écrire, avec ma collaboration, le prochain discours de son club Cigares et Compagnie.

Il se dit littéraire, il se dit écrivain… Mais comme le remarquait le regretté grand Pierre, "peut-on appeler "écrire" n'importe quelle tentative de représentation d'une ébauche de pensée par le biais de symboles graphiques incohérents couchés dans le désordre au mépris total de la grammaire, de la syntaxe, de l'orthographe et du souvenir de Germaine Philippin, institutrice de l'époque missionnaire, qu'une cédille oubliée décourageait aux larmes" ?

Après bien des hésitations et des heures de travail, il termine la quatrième phrase de son discours, et relis avec fierté les quelques mots d'introduction de ce chef d'œuvre naissant…

Puis sans même crier gare, il me saisit brutalement, presque rageusement... " Mais qu'est-ce qu'il me fait ce con… il va quand même pas m'écraser dans ce bocal… " Aaarrrrgghh…


C'est ainsi mes chers amis que se termine ce témoignage poignant qui illustre bien les qualités bien pitoyables de notre Président. Il est grand temps de lever le voile, Christophe BUET est à l'écriture ce que le mérou est au cyclotourisme. Il est au cigare ce que Pierre-Yves SANDROLINI est à la danse classique.

Mais qu'attendons-nous pour nous révolter, profitons de son absence pour nous lever et crier comme un seul homme…

"Bon Christophe, c'est quand tu veux que tu reviens parce qu'écrire les discours à ta place pour ne rien dire et raconter des conneries pendant dix minutes qui n'ont ni tête ni queue (en parlant de toi c'est vrai que c'est quand même la moindre des choses), c'est vachement difficile quand même".


Eric GILLIS
Ex-compteur et nouveau conteur du Club Cigares & Compagnie, le 14 mai 2009 - Toulouse
Copyright© 2009, reproduction autorisée avec la mention suivante :
"Eric GILLIS - Club Cigares & Compagnie - Toulouse"

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