Fumer tue. L'abus d'alcool est dangereux pour la santé.


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Cigares & Compagnie

Ramon Allones


L'offrande d'un Cigarier



Mes chers amis,

Nous voici maintenant en fin d'année, prêts à festoyer tant en souvenir de l'année écoulée que pour déjà préparer sous de bons auspices celle à venir. La nature a pris ses couleurs d'automne pour bientôt s'endormir dans une trêve hivernale et je n'ai pu échapper à cette atmosphère bienfaisante et langoureuse de sorte que mon discours de ce soir sera empreint de cette sagesse dont Dame Nature sait si bien nous abreuver pour nourrir non seulement nos corps mais aussi nos sens et nos âmes.
C'est ainsi que ce discours 50% echo à mano et 50% echo a cabeza, va vous parler de choses 100% naturelles.
Sachez que lors de mes vagabondages au sein de Mère nature, qui a d'ailleurs la poitrine fort généreuse, il n'est pas rare que je me laisse séduire et enlever par ses filles aux formes et rondeurs si suaves et attrayantes, aux odeurs si affriolantes et enivrantes. Et c'est sans retenue que je les pénètre pour m'imprégner de leur essence. Savoir jouir sans vergogne de ces plaisirs qui s'offrent ainsi à nos sens alors en fête. Je me laisse porter par les ondes apaisantes de cette nature omniprésente et, à mi-chemin entre flânerie et rêverie, j'entre en communion avec cette vie qui rivalise d'ingéniosité, de curiosité et de génie. Je deviens flore à mon tour et peux ainsi découvrir ces univers secrets que seuls quelques initiés ont eu la chance de déflorer.

J'ai été, le temps d'un voyage que j'ai plaisir à vous relater maintenant, un de ces élus.

Alors que j'admirais les couleurs changeantes alentour, quelque peu égaré dans cette forêt bien de chez nous, le vent qui s'était levé en en bise légère et persistante à la fois, me murmura à l'oreille quelques mots. Bien sûr, je n'y prête aucune attention, même si ostensiblement mon regard parcourt les alentours à la recherche de promeneurs en discours dont le vent venait sans doute de me porter quelques brides. Alors que je reprends l'exploration de mon univers proche, les mots deviennent plus distincts : "Christophe, approche". Je me tourne franchement pour en trouver l'origine. Personne. Serait-ce quelque membre du Club qui me farce ? J'en souris à la pensée mais mon rictus se fige car à nouveau le vent m'appelle. Je me dirige vers cette voix d'un pas un peu hésitant, mes sens aux aguets, mais celle-ci se fait douce et m'entoure d'un souffle léger mais puissant puisque mon corps semble flotter tant il m'est devenu aisé de marcher. Mes pas ou plutôt le vent, me mène à l'orée d'un sous-bois où poussent des arbustes au corps tortueux qui me font penser aux ceps de vigne après les vendanges, bien que plus grands. Quelques feuilles de fort belle dimension, brunies par l'automne, enroulées sur elles-même, indiquent que la vie a été luxuriante précédemment. "Prend" me dit le vent. Alors que je me tourne cherchant cette chose qu'il me faut prendre, un bruissement à mes pieds attire mon regard. Mais je ne vois rien que la mousse et la terre, des feuilles mortes et branchage cassé. "C'est un cigarier" reprend le vent. Mais avant que je comprenne le sens de ces mots, un deuxième morceau de branche se détache de l'arbuste et roule à mes pieds. A y regarder de plus près, ces branches mortes sont bien régulières et de même longueur. Je me penche pour alors prendre... un magnifique module qui vaut bien un double corona et reste incrédule. Incrédule d'avoir confondu cette superbe vitole avec un vulgaire branchage, incrédule tout simplement d'être face à un cigarier. "Mais, mais comment se fait-ce ?" Balbutie-je "Suivant la variété d'arbre" reprend le vent, "les feuilles se mêlent et s'entremêlent ; ligero, seco et volado produiront force, arôme et combustion, chacune à sa manière, chacune à son humeur. Le fruit de ce travail intense et de longue haleine puisque qu'une saison peut ici durer plusieurs années, va mûrir lentement pour atteindre sa plénitude dans une complexité d'arômes et de saveurs que seuls les élus pourront découvrir, apprécier et en tomber amoureux. Cette maturité atteinte, une dernière feuille de cape entoure ce fruit, pour lui donner noblesse et convoitise puisque de ses cendres renaîtra sa descendance !". Alors que je regarde l'arbuste encore abasourdi, la bouche restée béate, le voici qui se courbe sans pour autant que le vent ait forci. "Christophe, je te présente Ramon. Ramon Allones" continue le vent. Je me penche à mon tour dans une salutation qui d'ordinaire serait aussi absurde qu'incongrue en ces lieux mais qui me semble pourtant de mise. Puis une bourrasque un peu chahuteuse me bouscule légèrement alors que Ramon, ainsi secoué, laisse choir à mes pieds nombre de ses fruits. "Voici 25 Gigantes que Ramon t'offre, à charge pour toi de les transmettre à ceux que tu estimeras digne de les découvrir, apprécier et d'en tomber amoureux" continue le vent. Alors que je viens juste de ramasser ces vitoles, une autre bourrasque, mais violente cette fois-ci, m'enveloppe, me virevolte puis s'apaise et se disperse en un feulement sourd me laissant dans un décor totalement différent. Les plantes qui m'entourent ne sont plus de même nature, même si ce sont sans doute également des arbustes, elles tirent plus du légume que de la fleur, certaines défraîchies, limites avariées me semblent en état de décomposition avancées.
En effet, mes amis, me voici revenu parmi vous.
Il me reste donc à accomplir ce dont le vent, qu'il me plait à penser souffle divin, m'a chargé, moi, l'élu, pour ma dernière séance de Président, je vous remets solennellement ce Ramon Allones Gigantes en vous priant de le découvrir religieusement, de l'apprécier avec votre cœur et de laisser libre cours à votre âme et vos sens d'en tomber amoureux !


Christophe BUET
Votre Calife en fin de mandat du Club Cigares & Compagnie, le 3 décembre 2009 - Toulouse
Copyright© 2009, reproduction autorisée avec la mention suivante :
"Christophe BUET - Club Cigares & Compagnie - Toulouse"

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