Fumer tue. L'abus d'alcool est dangereux pour la santé.


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Cigares & Compagnie

Voyage en Cigarie


Après une activité forte et intense, lorsque mon corps se détend,
Alors que mon esprit vagabonde, dans cette torpeur apaisante,
A la recherche de délassement par une pensée plaisante,
Mon visage s'illumine d'un sourire, à mon corps défendant.

Je vais fumer un cigare ! Voilà la raison de ma jovialité.
Dès cette pensée les prémices du plaisir me font frissonner.
Je viens d'entrer dans le sacerdoce du fumeur impénitent.
J'imagine déjà ce module, pareil à mon humeur de l'instant.

Il sera long, j'ai du temps pour l'apprécier : un grand-corona.
De bon diamètre, il se fumera sans effort : un double-corona.
Il se devra de débuter en finesse, peut-être un Saint-domingue ?
Mais je lui veux une puissance d'arôme, une force qui se distingue.

Finalement, et inéluctablement, mon choix revient vers la Havane.
Sans même m'en rendre compte, je suis déjà devant leur sanctuaire.
Au travers de sa porte vitrée, mon regard flâne sur ses étagères,
Dans leurs cabinets empilés ou leurs compartiments, ils se pavanent.

Je les reconnais chacun et tente d'associer leur image à mon envie,
Puis mon regard se fige, là, dans le coin droit du meuble, presque caché,
D'ordinaire majestueux, bagué de couleur ; il semble s'être assoupi,
Pourtant il sera la clé de voûte d'un bonheur à peine entamé.

Un cigare ROMEO Y JULIETA, presque universellement connu.
Le vitolle Exhibición N°4 roule lentement entre mes doigts.
Je le hume, les yeux mi-clos et me voici parti dans des sous-bois,
Est-ce l'été ? Non ! L'automne, des champignons se terrent sous les feuillus.

Je reviens dans ma vieille chauffeuse et mets en œuvre mon chalumeau,
La première bouffée exhale déjà son lot de promesses et de chimères.
Je m'avachie jusqu'à en oublier mon corps, ne plus sentir ma peau,
Le cendrier à mes cotés, je referme doucement les paupières.

Retourner dans ce sous-bois où tant de merveilles m'appellent, me désirent,
Où sylphides et négresses nues, rouleuses de cigares, jouent à cache-cache,
Où je les trouve et découvre tour à tour sans fatigue ni relâche,
Où mes phantasmes se sont donnés rendez-vous, rien que pour mon plaisir.

Ce moment va durer un instant que d'autres appellent éternité,
Mais c'est là mon jardin secret, mon espace intime, ma vie privée.
Et de ce voyage en Cigarie, je ne vous en conterais plus rien.
Mais pour vous contenter, je peux encore ajouter un dernier quatrain :

Dans le cigare, tous les sens se mêlent, se démêlent et se subliment entre-eux :
Le toucher de la cape souple et chaleureuse, les odeurs subtiles et boisées,
Le goût riche et puissant ; entendre le souffle apaisant de la fumée,
Puis la regarder en volutes bleutées mener vos prières à Dieu.


Christophe BUET
Le 03 avril 2003, Club Cigares & Compagnie - Toulouse

Comme quoi "Cigare" peut rimer avec "Art" ?
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"Christophe BUET - Club Cigares & Compagnie - Toulouse"

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